Blog Franchement-tu

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jeudi 3 août 2006

Sublime en allemand

M. Panda pris entre un départ et une arrivée. Dans l'expectative, exactement.

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samedi 29 juillet 2006

This is the end.

L'aventure Bard College est bientôt terminée. Assis sur un matelas qui sent la chaussette sale (c'est le seul endroit ici où je peux capter les signaux Wifi du campus), je me sens bien engourdi. Ce matin, au cours d'une rivière plastique, je suis retombé à plats pieds, et depuis, je boîte. Malin. C'est le risque des rivières plastiques : tu perds parfois le contrôle. Mais c'est assez passionnant, et mérite qu'on s'y entraîne. Le concept est simple : tu as à ta disposition un vocabulaire d'isolations plastiques, c'est à dire de mouvements que tu fais à partir de tes articulations (coudes, hanches, doigts, etc.), et que tu amplifies. Tu répètes un mouvement précis et tu attends que quelque chose se passe. Des fois, rien, du vide, la page blanche, vierge, et toi comme un imbécile, à attendre, et rien. Et des fois, une ombre qui remonte à la surface. Puis une émotion qui sourde, des images se solidifient, un environnement s'étend autour de toi. Tu joues avec. Et il se transforme. Ton corps change aussi. Tu remontes des choses du fond de toi ; tu ne savais pas qu'elles s'y trouvaient. Et, vite fait bien fait, ta rivière t'emmène loin. En l'occurence, tu bondis comme un crapaud : tu as quatre ans et tu viens de découvrir un nouveau jeu très amusant. Le moment crucial, c'est quand tu retombes sur tes deux pieds, et que tu réalises que tu t'es fait mal.

Et donc je boîte, et c'était le dernier cours avec Sharon, et le dernier cours aussi avec Ruth, et ne reste plus que ce spectacle tellement mauvais à partir de Peer Gynt qu'on doit reprendre ce soir. Bref : c'est pas la joie. Je suis seul dans le dortoir, on n'entend rien d'autre que mes doigts qui tapent sur le clavier, des grillons dehors et un avion qui vrombit haut. Le chuchottement du vent, le souffle de la clim. Tous les autres sont ailleurs, loin, partis pour écouter des lectures de pièces contemporaines. Je reste ici, je passe pour l’associal de service. Tant pis, je m’en fous : ils pourront toujours mettre ça sur le compte de ma mauvaise maîtrise de la langue.

Je me prends à penser que j'ai hâte que se termine cette période bâtarde - est-ce que c'est terminé ? Est-ce que je peux partir ? Et où se trouve ma joie d’hier ? Après six mois à l'étranger, j'ai hâte de retrouver ceux que j'aime.

"Peer Gynt" en une heure vingt

Et ce spectacle ne casse pas trois pattes à un canard - il le laisserait même plutôt s'envoler indemne, l'encourageant à repeupler les Berkshires après l'avoir gavé de Viagra. Pourtant, monter Peer Gynt en deux semaines, à raison de quatre heures par jour, on reconnaîtra que ce n'est pas si simple (et en même temps - tais-toi - une voix intérieure qui crie - mais tais-toi ! - : pourquoi vous le faites, si c'est voué à l'échec ? Et moi de lui demander, à nouveau, se se taire).

La première chose, dans ce spectacle lamentable, c'est que je ne suis pas trop mauvais. La deuxième grande chose, c'est que les compliments me glissent dessus, un peu comme l'eau sur les plumes du canard sus-mentionné. C'est bizarre, ça : autant je suis incroyablement vaniteux pour mes mises en scène (vous avez vraiment aimé ? Vraiment ?), autant, pour mes performances scéniques, je n'en ai rien à foutre. Bizarre, bizarre, cette vanité à deux vitesses.

Je suis donc vidé : tout ce temps pour apprendre un texte en anglais, et à surtout l'interpréter. Parce que, je n'y avais jamais pensé, mais dès que tu te trouves pris dans des émotions fortes (ça arrive quand tu joues, des fois, c'est même pour ça qu'on te paye), tu oublies ton accent américain acquis de haute lutte pour reprendre illico tes intonations 100% parisiennes. Plus personne ne te comprend, et, toi qui pensais que tu allais t'en sortir facilement, tu as quand même le droit à des cours d'élocution.

Autrement, le crépuscule est magnifique ce soir, l'herbe verte après l'orage, et le ciel lavé, épuré. La main à la fenêtre, l'été vous berce, les élytres s'agitent.

C'est bien, comme ça.

lundi 24 juillet 2006

stress (- 1 attachée de presse) < bonheur (1 vidéaste + 1 musicien + beaucoup de techniques Grotowski)

La vie d'une jeune compagnie de théâtre est bien difficile : après avoir péniblement trouvé une attachée de presse convenable, on se retrouve a lui dire au revoir, sans même pouvoir se rappeler si on a eu le temps de lui dire bonjour. Ca devient lourd, ces gens qui vous promettent le monde mais qui ne vous donnent rien. Autrement, et heureusement, le staff de Myra s'étoffe agréablement - un musicien doué par ci, un vidéaste créatif par là - et le retour a Paris peut être sympathique.



Ici, à Bard college, on s'amuse toujours autant avec M. Grotowski. On trace des cartes émotionnelles, on se livre à des concours du plus mauvais acteur, on s'exerce à des isolations plastiques - et ce n'est pas mystique (malgré les noms barbares), ça tendrait même à me rendre moins nerveux sur un plateau. Gasp. Miraaaaaaaacle. Apres trois jours de déluge, le soleil est enfin revenu (je sais que tout le monde attend des nouvelles météorologiques), et la bouffe est toujours aussi délicieuse (ça aussi, c'est passionnant - quoique le chef local est terrorisé à l'idée qu'il y ait un Français parmi ses pensionnaires, ce qui garantit une bouffe vraiment parfaite, même pour mon palais délicat). Bref, il fait bon vivre ici, et j'en oublie que le bonheur est chiant à lire. Si, si. Parce que vous avez vraiment tenu jusque là ?

vendredi 21 juillet 2006

Réponse de Lauren Hoffman

Les artistes bien répondent. Copié, collé.

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Mabou Mines à Bard College

Je marche sur mes cernes en faisant la vaisselle, mais je suis très heureux.

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samedi 15 juillet 2006

Tu achètes ton billet, ok, mais tu fermes ta gueule quand même.

Tout est dans le titre.

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vendredi 14 juillet 2006

L'île enchantée

Un lieu qui inverse les règles, près d'une ville qui en invente.

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samedi 8 juillet 2006

La voix des filles, celle des garçons

Ou comment une actrice new yorkaise vous rappelle à ce que vous êtes.

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vendredi 7 juillet 2006

Un blog, ça se reprend comment ?

Depuis trois semaines à Brooklyn, quand même...

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