Blog Franchement-tu

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mercredi 27 juin 2007

Ne plus en être

A chaque voiture qui la dépassait, phares allumés, lumière baissante, elle ne pouvait s'empêcher de songer : celui-là aussi s'y rend. Pas que l'image l'excitait. Plutôt que l'idée l'aidait à s'inscrire dans une communauté plus libre, à laquelle elle aurait appartenu, une communauté où son coeur aurait battu plus vite, une communauté d'idées et de sueur. Dans le hall de l'immeuble, le digicode pressé, derrière le portail béant, on l'avait saluée, une autre jeune femme, fraîche, belle, pas maquillée. Elle s'était persuadée : celle-là, aussi, elle sait. Elle avait monté patiemment l'escalier. Au premier étage, nouvelle porte, le sas pour l'appartement aux moulures, un vestiaire où elle quitterait son pantalon, son chemisier, son bracelet de jade, et, plus loin, le lieu, avec encore peu de monde, tous à demi-nus, dans une atmosphère timide de première boum. Davantage de femmes que d'hommes, curieusement. Un verre à la main, elle avait parlé avec un jeune ingénieur du CNRS, elle l'avait trouvé à son goût. Elle avait tenté de paraître détendue, mais elle avait eu la chair de poule, un peu froid, toutes les fenêtres grand ouvertes sur la rue. Elle serait alors passée dans une autre pièce. Elle aurait bu. Son coeur adouci, l'appartement soudain plein, les convives soudain nus. Des radeaux qui se formaient sur les matelas, bruissants et chauds. Elle se rappellerait avoir embrassé l'ingénieur, et une (ou deux) femmes aussi. Elle aurait croisé le regard d'un autre jeune homme, presque un adolescent, mais du haut de ses quarante-cinq ans à elle, et dans l'absence de réponse, elle aurait calculé qu'il était trop tard. Trop vieille. Tant pis. Elle avait fait ce qu'elle était venue faire, elle y avait pris du plaisir. Dans le couloir, elle avait un peu évoqué son travail, ses missions de communicante, ses discours à écrire. Elle avait retrouvé son élément : l'art de suciter l'intérêt sans trop en révéler. Ca lui avait paru déplacé. Elle avait alors baisé à nouveau ; on lui avait souri, bouches multiples et visages ouverts. Le jeune homme au regard fixe avait disparu. Elle avait décidé : elle oublierait qu'il l'avait repoussé. Elle se rappellerait seulement son tatouage tribal et son ventre glabre. Ce serait tout. Elle prévoyait qu'il reviendrait dans ses rêves, elle s'y apprêtait, mais, dans le cadre familier du lit conjugual, son époux l'enlaçant, elle se sentirait rassurée, et tairait cette échappée nocturne.

Elle avait immédiatement trouvé un taxi pour la reconduire chez elle. Les immeubles hausmanniens s'estompaient un à un, lents dans la nuit pâle. L'expérience avait été amusante, guère plus. Elle s'était jetée dans le tumulte, et ce n'était que ça ? Elle gardait l'impression d'avoir à peine trempé l'orteil. Sa révolution sexuelle n'avait rien dévasté. Le sexe avait omis de créer sa communauté - juste du plaisir, qui s'évanouirait à l'aube. Ce n'était pas si mal, elle ne niait pas, elle s'était amusée. Mais, dans sa gorge, perdurait le goût de l'alcool passé et du temps refroidi. Elle était restée la même.

La semaine d'après, elle recevra des mails. On l'invitera pour les soirées suivantes. On la remerciera pour son sourire. Elle, devant son ordinateur, ne localisera plus son envie. Elle écrira : "je ne souhaite plus en être", mais, au fond, elle ne parviendra pas à définir ce qu'elle veut vraiment quitter.

lundi 25 juin 2007

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Dimanche, anesthésie, nunchuk.

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samedi 23 juin 2007

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vendredi 15 juin 2007

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mercredi 6 juin 2007

Lichenisation

Passage à l'état moussu.

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