mercredi 20 septembre 2006
Dans le dos
Par M. Panda, mercredi 20 septembre 2006 à 10:52 :: General

Bon, ça y est : c'est terminé. C'est J+4, et toutes ces angoisses et ces expectactives retombent, doucement, on les observerait presque à l'oeil nu, leur lente suspension avant l'immobilité. J'ai beaucoup de mal à me remettre activement au travail. La charge de travail qui nous incombe est énorme, et, pourtant, l'énergie pour tout ça est bien dissimulée. Je me lève tôt, je pars à la boulangerie acheter du pain, je bois mon bol de café, et puis je tombe dans une sorte de torpeur, combinée avec une méchante mauvaise conscience - mais tu travailles, oui ?
Première obligation : retrouver un job, un vrai, en tout cas suffisamment réel pour qu'il se conclue tous les 31 du mois par un chèque à trois chiffres (au moins). Prendre un huitième rendez-vous avec l'ANPE pour conclure ces Contrats d'Accompagnement à l'Emploi. Allez, allez.
Deuxième obligation : serrer les dents, et rappeler tous ceux qui sont venus voir Myra, la bouche en coeur, le coeur en bandoulière, la bandoulière nulle part, pour évoquer le spectacle. Les réactions sont pour l'instant globalement positives (on touche du bois). Mais évidemment, c'est du global : parce qu'entre les gens qu'on aime qui nous disent trouver l'adaptation brillante, et ceux qu'on aime aussi qui nous reprochent de nous intéresser à un texte sans intérêt, on balance un peu. Le "j'aime, j'aime pas" est un vrai cul-de-sac. Reste que certaines remarques sont vraiment intéressantes (Anne-Françoise, soyez remerciée), et élargissent notre horizon. Cette version de Myra, réchauffée en deux fois cinq jours après un an de silence (pour une reprise de rôle, une création lumière, une création vidéo et tous les raccords, c'est pas si mal), on le sait bien qu'elle est encore inaboutie - on en a conscience, et on a désormais juste envie de la peaufiner.
Quelque chose d'étrange sur le spectacle : j'ai pas l'impression d'avoir fait un spectacle pédé, et pourtant, il faut bien constater que Myra marche beaucoup beaucoup mieux avec les homos qu'avec les hétéros. Cette observation est on ne peut plus empirique, et ne pèse pas lourd en cacahuètes, mais quand même, ça me donne de quoi m'interroger.
Autrement, un dernier soulagement : je vais pouvoir repartir voir des spectacles le soir au théâtre - la saison reprend, et il y a deux trois trucs qui ont l'air bien croustichaud : Marthaller, Pommerat, ou la reprise du Quartett de Müller par Langhoff.
La vie recommence, il fait beau. Hosannah.

